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	<title>Comments on: A la conquête de l&#8217;espace discret</title>
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		<title>By: Thomas Favre-Bulle</title>
		<link>http://bureaupolitique.com/2009/05/conquete-espace-discret/comment-page-1/#comment-70</link>
		<dc:creator>Thomas Favre-Bulle</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2009 11:14:47 +0000</pubDate>
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		<description>Oui, il y aussi la question de ce qui préexiste. Les terres que colonisent les États-Unis à l&#039;Ouest étaient habitées, et donc insérées aussi dans des processus de gestion du territoire. Un certain ordre. La mise en place de cette législation par le Congrès passe aussi par une véritable tabula rasa juridique et institutionnelle. Ce que Rome ne pratiquait pas, procédant plutôt par surimposition d&#039;un ordre juridique commun, sous lequel pouvait continuer à exister toute une diversité d&#039;autres droits et d&#039;autres coutumes. Pour se raccrocher à la Palestine, la Judée par exemple voit se côtoyer les juridictions romaines et juives (tout du moins judéennes), et le Sanhédrin persistera même pendant les troubles politiques, comme la révolte de Bar Kokhba.
L&#039;appareil de droit Israélien est aussi utilisé comme appareil de colonisation, parallèlement à la construction du mythe de l&#039;absence d&#039;histoire, et donc de constructions aussi potentiellement juridiques et institutionnelles, du peuple palestinien. Par exemple, une loi votée pendant la guerre de 1967 a autorisé les municipalités à étendre leur administration au delà des frontières. Sous couvert de dispositions purement administratives, c&#039;est une véritable colonisation juridique qui s&#039;est mise en place. C&#039;est aussi, toujours en 1967, la destruction de quartiers arabes de Jérusalem et le dégagement du mur des lamentations, sous couvert d&#039;assainissement de quartiers insalubres.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, il y aussi la question de ce qui préexiste. Les terres que colonisent les États-Unis à l&#8217;Ouest étaient habitées, et donc insérées aussi dans des processus de gestion du territoire. Un certain ordre. La mise en place de cette législation par le Congrès passe aussi par une véritable tabula rasa juridique et institutionnelle. Ce que Rome ne pratiquait pas, procédant plutôt par surimposition d&#8217;un ordre juridique commun, sous lequel pouvait continuer à exister toute une diversité d&#8217;autres droits et d&#8217;autres coutumes. Pour se raccrocher à la Palestine, la Judée par exemple voit se côtoyer les juridictions romaines et juives (tout du moins judéennes), et le Sanhédrin persistera même pendant les troubles politiques, comme la révolte de Bar Kokhba.<br />
L&#8217;appareil de droit Israélien est aussi utilisé comme appareil de colonisation, parallèlement à la construction du mythe de l&#8217;absence d&#8217;histoire, et donc de constructions aussi potentiellement juridiques et institutionnelles, du peuple palestinien. Par exemple, une loi votée pendant la guerre de 1967 a autorisé les municipalités à étendre leur administration au delà des frontières. Sous couvert de dispositions purement administratives, c&#8217;est une véritable colonisation juridique qui s&#8217;est mise en place. C&#8217;est aussi, toujours en 1967, la destruction de quartiers arabes de Jérusalem et le dégagement du mur des lamentations, sous couvert d&#8217;assainissement de quartiers insalubres.</p>
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		<title>By: Jean-Marie</title>
		<link>http://bureaupolitique.com/2009/05/conquete-espace-discret/comment-page-1/#comment-69</link>
		<dc:creator>Jean-Marie</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2009 08:49:42 +0000</pubDate>
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		<description>La comparaison entre Rome et les US d&#039;alors est intéressante.
On peut aussi faire entrer dans cette comparaison la colonisation des territoires palestiniens par Israël qui se rapproche de la conception antique expansionniste à ceci près qu&#039;elle ne s&#039;appuie pas sur une assimilation des populations déjà présente mais qu&#039;elle les repousse (et là on rejoint la manière américaine) avec un masque légal (achat de terrains, négociation d&#039;échanges de parcelles) ou non (expulsion, brimades et pressions rendant la vie quotidienne impossible et donc rendant l&#039;abandon de son territoire inéluctable). Cette colonisation de la Palestine n&#039;étant pas légale du point de vue du droit international (une bonne dizaine de résolutions demandent la fin de l&#039;occupation depuis 1967) et des conventions de Genève (une occupation militaire ne doit en aucun cas se transformer en colonisation), est rendue pérenne et quasiment irréversible avec la construction d&#039;infrastructure durables (le tramway de Jérusalem prévu pour 2010, les routes vers les colonies de Cisjordanie, le mur dit de &quot;sécurité&quot;, maisons palestiniennes encagées à Hébron, etc...).
A l&#039;époque de la conquête de l&#039;Ouest américain le droit international était quasiment inexistant et la colonisation vue comme une avancée vertueuse et héroïque de la civilisation (et comme tu l&#039;écris une façon de lever des fonds) mais la question de sa moralité peut-être posée.
La colonisation de la Palestine par Israël est une &quot;troisième voie&quot; de colonisation, à la fois à la romaine et à l&#039;américaine, avec une dimension nouvelle liée à sa contemporanéité: poser la question de sa légitimité et de sa légalité est pour une fois légitime et indiscutable.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>La comparaison entre Rome et les US d&#8217;alors est intéressante.<br />
On peut aussi faire entrer dans cette comparaison la colonisation des territoires palestiniens par Israël qui se rapproche de la conception antique expansionniste à ceci près qu&#8217;elle ne s&#8217;appuie pas sur une assimilation des populations déjà présente mais qu&#8217;elle les repousse (et là on rejoint la manière américaine) avec un masque légal (achat de terrains, négociation d&#8217;échanges de parcelles) ou non (expulsion, brimades et pressions rendant la vie quotidienne impossible et donc rendant l&#8217;abandon de son territoire inéluctable). Cette colonisation de la Palestine n&#8217;étant pas légale du point de vue du droit international (une bonne dizaine de résolutions demandent la fin de l&#8217;occupation depuis 1967) et des conventions de Genève (une occupation militaire ne doit en aucun cas se transformer en colonisation), est rendue pérenne et quasiment irréversible avec la construction d&#8217;infrastructure durables (le tramway de Jérusalem prévu pour 2010, les routes vers les colonies de Cisjordanie, le mur dit de &#8220;sécurité&#8221;, maisons palestiniennes encagées à Hébron, etc&#8230;).<br />
A l&#8217;époque de la conquête de l&#8217;Ouest américain le droit international était quasiment inexistant et la colonisation vue comme une avancée vertueuse et héroïque de la civilisation (et comme tu l&#8217;écris une façon de lever des fonds) mais la question de sa moralité peut-être posée.<br />
La colonisation de la Palestine par Israël est une &#8220;troisième voie&#8221; de colonisation, à la fois à la romaine et à l&#8217;américaine, avec une dimension nouvelle liée à sa contemporanéité: poser la question de sa légitimité et de sa légalité est pour une fois légitime et indiscutable.</p>
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